mardi 27 février 2018

Après le glyphosate, non au dicamba....

Selon un billet de l'association Kokkopelli, la bataille du glyphosate serait désormais secondaire pour Monsanto dont tous les brevets pour ce désherbant et les semences associées sont tombés dans le domaine public. Le débat servirait de paravent à la reconduction discrète, au-delà de l'échéance actuelle de fin 2018, de l'autorisation d'un produit au moins aussi dangereux, le dicamba. Monsanto propose déjà des semences résistantes à cet herbicide (Médiapart).



Image extraite de la pétition Avaaz -
 
Le dicamba est un herbicide produit notamment par Monsanto, BASF et DuPont. Selon une étude datant de 2004, le dicamba est 75 à 400 fois plus dangereux pour les plantes qu'il touche accidentellement  que le glyphosate. C'est un désherbant sélectif qui, s'il ne désherbe pas les graminées, supprime les chardons, le rumex, le liseron des haies...mais s'avère également toxique pour une foultitude de végétaux.  Or, de par sa volatilité, le dicamba est emporté par le vent au-delà des champs sur lesquels il est pulvérisé, endommageant à grande échelle les végétaux non protégés (courrier international - libération).

D'un point de vue moléculaire, le dicamba est un désherbant organochloré. C'est un dérivé toxique du benzène ou plus précisément de l'acide benzoïque, suspecté notamment d'être tératogène chez l'homme (induction de malformation chez le fœtus) (Wikipédia).
 
Le dicamba est utilisé depuis les années 1960, mais de nouveaux produits ont été développés sur la base de cette molécule pour "combattre" les adventis devenues résistantes à d'autres herbicides tels que le glyphosate. Monsanto a déjà développé de nouveaux OGM (soja et coton) résistants à cet herbicide et son utilisation est montée en flèche outre atlantique, entrainant des dégâts alarmants sur la végétation environnant les cultures traitées. Au point que plusieurs états d'Amérique ont imposé des restrictions quant à son utilisation.

Image extraite de la pétition Santé-nature-innovation

 
Le dicamba est autorisé en Europe depuis 2008. Pas moins de 27 pays l'utilisent dont la France. Selon l'ONG Générations futures, citant les données du ministère de l'agriculture, 220 tonnes de dicamba ont été utilisées en France en 2015. Un chiffre en augmentation depuis 2011 (France-info).
 
Même si les OGM ne sont pas autorisés en France, l'agriculture conventionnelle ne cache pas son intérêt pour cette molécule (très efficace notamment contre l'ambroisie). A lire les déclarations du secrétaire général adjoint de la FNSEA, le discours est déjà rodé: "chez nous, le cultures OGM ne sont pas autorisées,..., les pratiques ne sont pas les mêmes,..., Il y a des règles liées à la vitesse du vent, des systèmes de buse antidérive, des systèmes de contrôle de notre équipement pulvérisateur et une formation obligatoire certi-phyto,..., on est à la pointe !" Bref ne nous posons pas de questions sur l'absurdité de ces pratiques et continuons à empoisonner avec le même cynisme ...
 
 Compte tenu de l'intérêt croissant que porte l'agriculture conventionnelle pour cette molécule , plusieurs pétitions ont été lancées pour tenter de bloquer l'utilisation du dicamba en Europe. Vous les retrouverez ici: